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Fédération Nationale des Métiers de la Natation et du Sport

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ENQUÊTE NATIONALE SUR LES MNS : Tous solidaires de la profession !

le 23/07/2018 - Un projet conduit par la faculté des sports de Lille permet de mieux cerner les contours de la profession de MNS. Une enquête nationale devrait permettre aux chercheurs d'étayer leurs travaux. Document téléchargeable et à retourner à Fabien CAMPORELLI, initiateur du Projet. Merci de bien vouloir prendre en compte cette dimension et le besoin de disposer d'élément concrets pour faire avancer notre profession.

Notre projet de recherche s’intéresse à un groupe professionnel, celui des Maître-Nageurs-Sauveteurs (MNS), expert dans un secteur d’activités spécifiques que nous dénommerons la « culture de l’eau ». Qui sont ces acteurs suffisamment habiles dans l’eau pour porter secours aux baigneurs en difficulté sur notre littoral chaque été ? Qui sont ces professionnels qui apprennent à nager aux enfants, aux élèves et à des publics très variés ? Quels savoirs de métier mobilisent-ils pour asseoir une autorité certaine dans leur domaine et être perçu comme légitime aux yeux des utilisateurs, comme des pouvoirs publics ? Quel espace social occupent-ils précisément et comment évolue-t-il au travers du jeu des interactions liées au « fait professionnel » ? Comment ce groupe social est né, s’est progressivement constitué, institué et installé dans le paysage des métiers dits « sportifs » ? 

 S’agissant de la sociologie des professions, puis celle des groupes professionnels, l’étude de ce genre d’activités est longtemps restée confinée. Si nous savons que l’avènement des loisirs « ludo-sportifs » conjointement à « un renforcement des conditions de l’encadrement des Activités Physiques et Sportives (A.P.S.) » (D. Bernardeau Moreau, C. Collinet, 2009) lié à une préoccupation étatique de sécurité publique participèrent à la création et à la structuration du métier d’« éducateur sportif », rien renvoyant au « métier de l’eau » n’a fait jour. Pour nous aider donc à démarrer ce travail d’investigation, un séminaire désigné « Piscines de demain » a interrogé le 28 mars 2017 des acteurs qui ont participé à l’organisation de ce groupe social. Pour R. Catteau (2017), seul un expert suffisamment expérimenté peut à la fois vous « tirer de l’eau, comme vous y faire rentrer » en toute sécurité. En élucidant à sa manière le cœur de métier du MNS, l’auteur nous oriente vers sa genèse, son histoire, son particularisme et ses standards renouvelés.

L’origine de ce métier est assez lointaine. Les premiers textes relatifs à l’enseignement de la natation ont plus de deux cents ans et les premières opérations de sauvetage aquatique décrites remontent au 17ème siècle conjointement à la construction des premiers établissements de bains flottants amarrés aux quais des villes. Mais si la natation devint assez rapidement un objet d’enseignement et de formation, considérée comme indispensable par les pouvoirs publics, soit pour de sombres considérations militaires, soit pour des objectifs de formation des citoyens et l’acquisition d’une bonne santé (P. Pelayo, 2003), la « culture de l’eau » a mis du temps à trouver ses professionnels de la profession. D’abord issue d’initiatives privées nées au début du 20ème siècle, notamment du fait de fédérations sportives puis professionnelles, pour répondre vraisemblablement à de vrais besoins en matière de sauvetage aquatique, la tentative de création d’un groupe professionnel en tant que corporation par les acteurs du secteur sera de courte durée. La loi 51-662 du 24 mai 1951 « assurant la sécurité dans les établissements de natation » exige que « toute baignade d'accès payant doit, pendant les heures d'ouverture au public, être surveillée d'une façon constante par du personnel qualifié titulaire du diplôme d'Etat ». C’est par ce texte que le métier de MNS fut indirectement institué, l’Etat contrôlant la formation, de l’entrée sélective à la délivrance du diplôme.

A la croisée des métiers de la sécurité et de l’éducation, les MNS participent donc en France à l’encadrement et à l’enseignement des activités aquatiques et de la natation. De part cette double compétence, sécurité d’un côté et enseignement de l’autre, ils exercent un métier exprimant peu d’équivalent en dehors du territoire français. Pour en arriver là, il semblerait que les pouvoirs publics, en habillant l’accidentologie aquatique des traits d’un problème de sécurité publique, ont construit officiellement sa prise en charge. Ce qui explique probablement la mise à l’écart graduelle des fédérations, confinées à un rôle délégataire, et des organisations professionnelles par l’Etat devenu « propriétaire » (C. Gilbert et E. Henry, 2012) à sa discrétion d’une problématique autour de la protection des citoyens, celle de la sécurité et du sauvetage en milieu aquatique et des politique publique à mener pour la résoudre. En ordonnant progressivement son dictat sur l’encadrement des A.P.S., l’Etat imposait progressivement sa définition des « enjeux sécuritaires » en regard d’activités dites « à risques » (D. Bernardeau-Moreau et C. Collinet, 2009). 

La genèse du métier comporte aussi d’autres éléments plus pragmatiques et surtout conjoncturelles. En effet, la meilleure façon de lutter contre les dangers de l’eau reste encore de savoir nager. Et organiser l’apprentissage de la natation implique la construction massive de piscines égalitairement répartie sur le territoire. C’est ce à quoi va s’employer l’Etat français aidé par des conditions économiques plutôt favorable à l’orée des années soixante-dix. « L’opération 1000 piscines » naît et met « en évidence la véritable révolution qui s’est amorcée (…) et éclate actuellement dans le domaine de la natation » (J.B. Grosborne, 1972). L’explosion démographique des équipements sportifs dédiés à la pratique aquatique a certainement donné l’occasion à un groupe professionnel de se développer, sous tendu par le renforcement de la formation - de plus en plus « professionnalisante » - et du contrôle de l’activité sous l’autorité des pouvoirs publics. Ce mécanisme dessine ainsi les deux caractéristiques d’un mouvement de professionnalisation : l’accès sélectif au métier et l’encadrement réglementé de l’exercice de la profession, désormais protégée. 

 

Ainsi, historiquement, mais qui sera de moins en moins vrai avec le temps, les MNS transformeront des pratiques éprouvées, des techniques corporelles spécifiques et singulières, tels que le « savoir nager » et le « savoir sauver », rodées sur la base d’une expérience amateur, en engagement professionnel. L’expertise sportive se transforme peu à peu en activité professionnelle et la formation cristallise les enjeux de l’insertion professionnelle. Aujourd’hui, l’organisation du travail est soumise aux impératifs de flexibilité générant ainsi de nouveaux modèles économiques et managériaux, montrant de manière appuyée l’interdépendance du groupe professionnel aux règles de son organisation d’appartenance, en particulier le système d’emplois et les normes professionnelles fluctuantes, révélant par-là que la profession n’est pas autre chose qu’un « marché fermé du travail » (C. Paradeise, 1984). Les MNS n’échappent pas au phénomène et la piscine devient à son tour un objet de flexibilité, révolutionnant les modes d’organisation du travail, tant au niveau du collectif qu’à celui des identités de métier.

Fabien Camporelli

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